Inouï !
Quel final de folie ! Encore menés de seize points à onze minutes de la sirène vendredi soir — 7 à 23, c’était déjà le score à la mi-temps—, les Columérins ont tout renversé, la table à laquelle les Oyonnaxiens étaient bien installés prêts à déguster leur triomphe et le match pour arracher sur le fil une victoire emplie d’émotion, 24 à 23. Ils venaient de prendre pour la première fois l’avantage à la 79e minute.
Impuissants pendant plus d’une heure, les gars de la Colombe ont eu le mérite d’y croire après un premier acte de mauvaise qualité où ils avaient enchaîné imprécisions et indiscipline. Revenus une première fois dans la course avec un essai de Vincent Pinto répondant à celui d’Enzo Reybier pour les visiteurs, ils ont ensuite été punis par un contre de Hugo Hermet sur Valentin Delpy au milieu du terrain, le troisième ligne filant dans l’en-but sans opposition. Un coup de massue au moment où ils donnaient l’impression de sortir la tête de l’eau. Bien organisés défensivement, maîtrisant les événements face à des Columérins dont certains ne paraissaient pas dans leur assiette, les Aindinois pouvaient exploiter les faiblesses de la conquête adverse : lancers en touche perdus (7 au final dont deux « penaltouches » dans les « 22 ») ; mêlée en souffrance.
Que faire ? Téléphoner à Lourdes ? Appeler Zorro ? Il n’y avait pas de vengeur masqué dans les rangs columérins, mais de valeureux guerriers, casqués pour certains, animés par une foi inébranlable et une folle envie de réagir, donnant raison à Jacques Brel qui disait : «Le talent, c’est d’avoir envie de réussir quelque chose. » Les dieux du rugby ont aussi écouté Johnny en leur donnant « l’envie, l’envie d’avoir envie ». Nos Columérins ont alors fait preuve de caractère, aiguillonnés par le virevoltant Alexandre « Bip bip » Borie. Cent fois sur le métier ils ont remis leur ouvrage. Et sous la houlette d’un Ugo Séguéla inspiré après son entrée en jeu, ils ont frappé à trois reprises par Matias Osadczuk, Ugo Séguéla et Jérémy Béchu. Ce qui n’avait pas fonctionné pendant plus d’une heure s’était, comme par hasard, mis à sourire à l’image de la touche, à la source du dernier essai et de la prise de Nicolas Martins sur l’ultime lancer adverse.
Après dix-sept journées de Pro D2, Colomiers (3e ; 55 points) perd un rang car Provence (56) a gagné avec le bonus à Nevers, mais compte trois longueurs d’avance sur Valence-Romans, défait à Mont-de-Marsan, et dix sur sa victime du jour. Et, surtout, dix-sept sur le septième et premier non-qualifiable, Agen. Agen où Colomiers se rendra dès jeudi.
Et à part ça ? Nous pouvons nous interroger sur l’utilisation du carton orange. Le deuxième ligne Ratu Rotuisolia, auteur d’une charge féroce sur Jules Danglot en première période, méritait certainement davantage qu’une « biscotte ».
*Le Columérin du match : Alexandre BORIE
Jean-Paul Pronzato





