Un si beau dauphin
« Garçons, en demie s’il vous plaît ! » aurions-nous pu lancer aux Columérins avant leur départ pour Grenoble. Lors de cette ultime journée de saison régulière, ils avaient les cartes en main pour se qualifier directement en demi-finale. Ils ne devaient compter que sur eux-mêmes, pas sur les autres, en l’occurrence les Valentino-Romanais qui recevaient des Provençaux menaçants. Retrouvant leur jeu, nos Columérins ont conservé leurs atouts et leur deuxième place en allant s’imposer avec brio à Grenoble, 39 à 17 (20-7), bonus offensif en prime. De quoi s’offrir quelques demis bien frais dans la fraîcheur iséroise après une deuxième mi-temps disputée sous une pluie battante.
À 70 kilomètres de là, les Aixois n’ont pu que priver leurs hôtes d’un barrage à domicile. Le vendredi 29 mai, les hommes de Florian Nicot et Aurélien Beco (et tout leur staff), les architectes de ce magnifique parcours, accueilleront les vainqueurs d’un explosif Provence-Brive.
Il y a dix ans, Colomiers avait déjà disputé une demi-finale après avoir arraché la cinquième place. La formule était différente, il n’y avait pas de barrage et ce n’était qu’une demie qualificative pour une finale d’accession. Le premier, Lyon, était automatiquement promu. Battus, avec les honneurs, à Bayonne, les Columérins n’avaient jamais retrouvé ce niveau. Dans la lignée de leur troisième place de l’exercice précédent, ils ont d’ores et déjà réussi leur plus beau parcours en Pro D2 avec un record de victoires (21 dont 9 en déplacement) et de points (95).
Dans l’écrin du stade des Alpes, nous avons vu le vrai visage de Colomiers, pas celui affiché à Biarritz et contre Mont-de-Marsan. Les joueurs ont fait preuve de maîtrise, de caractère, de volonté, de solidarité et leur défense de fer (236 plaquages réussis) s’est montrée fidèle à sa réputation. Quinze, pardon vingt-trois guerriers ont signé une prestation de haute volée orchestrée par Jules Danglot — deux essais et une passe décisive ; Luka Plataret, Raymond Nu’u et Ugo Séguéla ont eux-aussi goûté l’en-but. « Quand Jules est au violon/ et Léon (ou Valentin) à l’accordéon/ il faudrait avoir deux jambes de bois/ pour ne pas danser la polka », chantait Gilbert Bécaud, Monsieur 100.000 volts. À Grenoble, les Columérins étaient survoltés.
Le dessert est servi. Ils vont pouvoir le déguster avec gourmandise —mais non, ce n’est pas un péché ! Peut-être en réclameront-ils une ou deux parts supplémentaires ? Après tout, l’appétit vient en mangeant.
Le Columérin du match : Jules DANGLOT
Jean-Paul Pronzato





