Le coup du facteur
Pierre après pierre les Columérins ont construit vendredi l’édifice de leur succès sur des Valentino-Romanais qui venaient d’en aligner cinq. Patients, appliqués dans l’ensemble, ils sont venus à bout des « Damiers », qui ont prouvé que leur parcours n’était pas le fait du hasard, pour leur ravir la place de dauphin de Vannes. Et nous avons assisté à un vrai bon match de rugby digne du haut de tableau.
À mi-parcours, Colomiers (10V ; 5D) totalise 47 points (14 de plus que la saison dernière) et devance Valence-Romans au bénéfice des points-terrain. Et si Provence n’est qu’à une longueur de ce duo, le premier non-qualifiable (Nevers) en compte dix de retard au terme d’une quinzième journée qui a vu des équipes (Béziers, Biarritz, Carcassonne, Mont-de-Marsan) jouer « Le cave se rebiffe » (sans Jean Gabin ni Maurice Biraud).
« Défense, défense », entend-on souvent crier dans les salles de basket lorsque le public exhorte ses favoris à empêcher les adversaires d’approcher le panier. Vendredi, les deux équipes ont proposé des prestations défensives de haute tenue et le mur columérin s’est avéré le plus solide (il reste le meilleur du championnat, ne l’oublions pas), mais quel combat ! Car les Drômois, à l’image de l’omniprésent troisième ligne sud-africain Thembelani Bholi, au four et au moulin, ont donné une belle réplique à leurs hôtes. Ceux-ci, avec un Raymond Nu’u toujours aussi précieux et un Théo Giral efficace à la manœuvre, ont réussi à frapper à trois reprises par Grégoire Bazin, Matias Osadczuk et Alberto Carmona. Ils ont tout de même dû concéder un essai (« penaltouche », ballon porté, finition du talonneur Sacha Idoumi) en double infériorité numérique.
La solidarité des Columérins a alors fait merveille, leur résilience leur a permis de ne pas lâcher ce succès bâti donc pierre après pierre. Comme le célèbre facteur Cheval qui avait entrepris, en 1879, à quelques encablures de Valence et de Romans, la construction de son palais idéal imaginé dans ses rêves. Caillou après caillou (il les ramassait lors de ses tournées), Ferdinand Cheval avait mis 33 ans pour y arriver. Les hommes de la Colombe n’ont eu besoin que de 80 minutes pour parvenir à leurs fins et combler leurs supporters. De quoi s’offrir des vacances méritées. Ils auront certainement droit à une reprise musclée le 9 janvier à Aurillac. En attendant, joyeuses fêtes à tous.
*Le Columérin du match : Théo GIRAL
Jean-Paul Pronzato





