Enchanteurs sous la pluie
« Singing in the rain. » Gene Kelly n’est plus là pour chanter en dansant sous la pluie. Nos Columérins étaient, eux, bien présents jeudi à Michel-Bendichou et ils nous ont enchantés lors d’une soirée arrosée par l’ouverture des vannes célestes. Inspirés et disciplinés, ils ont signé un succès bonifié, 43 à 7 (14-7), face à des Grenoblois déboussolés dans les vingt dernières minutes.
À deux étapes de la mi-parcours, Colomiers retrouve le podium (3e ; 42 points), toujours à sept longueurs de Vannes, le leader, et sur les talons de Valence-Romans (43). Provence (40) suit devant Oyonnax et Nevers et le premier non-qualifiable pour l’heure, Agen, est à sept points. «Faut pas gâcher », répétait à l’envi Guy Roux.
Malgré le mauvais temps, ce match entre deux solides équipes a offert un spectacle de qualité. Et si les Isérois ont fini par craquer, ils avaient auparavant inquiété leurs hôtes montrant que leur position dans le ventre mou du classement ne reflétait pas leur exacte valeur. Le score peut leur paraître sévère quand bien même la victoire columérine ne souffre aucune contestation. La rencontre a basculé au milieu de la deuxième mi-temps alors que les Columérins menaient 14 à 7. Leur défense, farouche —toujours la meilleure de la compétition—, sortait d’une grosse séquence. Raffaele Costa Storti et Barnabé Couilloud gâchaient un deux contre un. Interceptant le ballon, Martin Dulon s’arrachait pour s’en aller inscrire 75 mètres plus loin le troisième essai des siens après ceux de Caleb Timu et Grégoire Bazin avant la pause. Devenus euphoriques à l’image d’un improbable 50-22 réussi par un Rodrigo Marta efficace à tous les niveaux, les Columérins allaient en ajouter trois, par Raymond Nu’u, auteur d’une prestation de gala, Martin Dulon pour son doublé après un bijou de passe au pied de Théo Giral, et Alexandre Borie jaillissant à la sirène.
La victoire a récompensé la formation qui a proposé le plus de jeu, la plus audacieuse —« Toujours l’audace a forcé le triomphe » (José-Joachim Olmedo, « Chant à Bolivar »). Une formation qui a mis sa rivale en difficulté dès qu’elle a pu accélérer et tenir le ballon. Des imprécisions l’avaient contrariée en première période. Très bien dirigé par Théo Giral, l’orchestre de la Colombe a fini en jouant une partition de gala justifiant sa réputation d’équipe la plus séduisante de Pro D2 pour certains observateurs.
Maintenant, « faut pas gâcher. » Aux Columérins d’enchaîner vendredi prochain à Dax.
*Le Columérin du match : Raymond NU’U
Jean-Paul Pronzato





