Brouillardeux
Battus 27 à 18 (10-0) après un âpre combat jeudi à Brive en ouverture de la douzième journée de Pro D2, les Columérins ont concédé leur quatrième défaite de la saison, la deuxième en déplacement sur le même écart (-9) que la première, à Oyonnax (3e journée). Elle les relègue à la quatrième place (37 points) devant Oyonnax (30), à sept longueurs du leader vannetais. Valence-Romans et Provence (39) s’installent sur le podium. La bataille pour la qualification fait rage et des bouleversements au classement interviennent chaque semaine.
Le brouillard tournoyant au-dessus de la pelouse comme un rapace guettant sa proie a-t-il embrumé les esprits des Columérins, leur faisant perdre leur lucidité ? Face à une solide défense briviste, ils ont fait preuve d’impatience, multipliant les imprécisions au bout d’actions pourtant bien amorcées. Les ballons perdus (12 sur en-avant) se sont enchaînés pour dépasser la vingtaine. L’équipe de la Colombe a été malmenée au sol et dans le jeu aérien, subissant ainsi la pression, et elle a été particulièrement indisciplinée — dix-huit pénalités ; quatre cartons jaunes dont deux en une minute alors qu’elle n’en avait concédé aucun lors des trois rencontres précédentes. De quoi régaler les Corréziens et leur rugby bulldozer, même avec une belle tenue de la mêlée. Sans surprise, les Brivistes se sont appuyés sur la spécialité maison, les ballons portés — sur lesquels défendre impunément reste un exercice difficile— et ils en ont profité pour s’offrir quatre essais dont un de pénalité.
Il n’y avait cependant pas un monde d’écart entre Colomiers et l’armada corrézienne bâtie en mode commando pour espérer se rassurer après un début de parcours cahoteux, loin des standards que lui confèrent ses moyens financiers. L’équipe la plus précise (ou la moins imprécise) s’est imposée. Dommage car les hommes de Florian Nicot et Aurélien Beco ont montré, en se révoltant au cœur de la deuxième période, menés 22 à 0 en double infériorité numérique, qu’ils pouvaient beaucoup mieux faire comme le prouvent leurs deux essais signés Thomas Larrieu et Myles Edwards avec, à chaque fois, un rôle important joué par Raymond Nu’u auteur d’une belle rentrée après la blessure à une main de Vincent Pinto avant la pause. Dans un final échevelé, alors que leurs hôtes couraient après le bonus offensif, ils auraient pu accrocher le défensif. L’imprécision, toujours…
Quand on tombe de cheval, la meilleure chose à faire est de remonter immédiatement en selle. Jeudi prochain, Colomiers recevra Grenoble, l’occasion de remettre le pied à l’étrier.
*Le Columérin du match : Thomas ADELAÏDE
Jean-Paul Pronzato





