Frustrant, rageant !
Le combat des chefs a bien eu lieu vendredi soir dans un stade Michel-Bendichou plein comme un œuf. Malheureusement pour Colomiers, il a tourné à l’avantage de Vannes, 22 à 17 (15-17). Le point de bonus défensif ne constitue qu’une maigre consolation pour les Columérins tant ils ont flirté avec la victoire.
Dans un match bien digne du haut de tableau, avec beaucoup d’intensité, de suspense, des défenses féroces de part et d’autre, les Columérins ont fait preuve d’une certaine audace à l’image de Valentin Delpy, mais ils ont manqué de précision (trop de ballons perdus dont une dizaine sur en-avant), d’efficacité dans la zone de marque, de chance aussi car ils ont connu l’infortune de perdre Jules Danglot blessé à une cheville au bout d’une demi-heure. Certes souvent piégés au sol, ils ont proposé davantage de jeu que les Vannetais, mais ils se sont heurtés à leur pragmatisme et à leur puissance dont ils se sont servis pour inscrire trois essais par Michael Ruru à deux reprises et Jo Edwards. Nos Columérins, qui n’ont plus marqué après le repos, avaient scoré en premier par Anzelo Tuitavuki mis sur orbite par Rodrigo Marta au terme d’un mouvement d’envergure puis Luka Plataret, inlassable travailleur de l’ombre, avait conclu une belle combinaison sur un ballon porté. Ils peuvent aussi regretter le refus d’un essai à Vincent Pinto, à trois minutes de la fin, en raison d’un en-avant limite- limite. L’action aurait mérité un passage par la vidéo. Dans l’ensemble, ils peuvent d’ailleurs s’estimer lésés par un arbitrage dont les Bretons, eux, ne se plaindront certainement pas.
Mais les Columérins, dont la conquête a tenu la dragée haute à celle, particulièrement réputée, des visiteurs, n’ont pas à rougir de cette défaite, la deuxième en huit journées de Pro D2, la première à domicile. « Il faut savoir intégrer la défaite dans le processus qui mène à la victoire », disait Sir Alex Ferguson, emblématique manager de Manchester United. Les hommes de Florian Nicot et Aurélien Beco ont confirmé qu’ils avaient le niveau pour jouer dans la cour des grands face à un adversaire estampillé Top 14 qui possède indiscutablement les moyens d’y remonter en fin de saison.
Au classement, Colomiers (27 points) glisse à la deuxième place à trois longueurs de Vannes, désormais seul leader, avec Valence-Romans (26) et Nevers (25) sur les talons. Une fois l’échec digéré, le club à la Colombe jouera vendredi à Béziers qui vient encore de se faire corriger hors de ses bases (5-40 à Dax) après y avoir subi la loi de Valence-Romans. Il faut se méfier doublement d’une bête blessée….
*Le Columérin du match : Valentin DELPY
Crédit Photo : Marie Couronne
Jean-Paul Pronzato





