Haute saison
Colomiers Rugby a réussi sa meilleure saison en Pro D2 malgré son élimination en barrage par Montauban. Dixième à la trêve avec 33 points, le club à la Colombe a ensuite effectué une phase retour exceptionnelle pour terminer à la troisième place avec 86 points. 53 points engrangés durant cette période, personne n’a fait mieux.
À l’heure où certains éprouvent des regrets, il convient d’insister sur cette performance qui restera dans les annales. D’autant qu’elle a été accomplie avec des moyens financiers qui, eux, n’avaient rien d’exceptionnel : le treizième budget avec 7,9 M€, très loin des 22 M€ affichés par Brive, loin des 11,5 M€ de Montauban entre autres. Colomiers est le moins bien doté par les collectivités des trente clubs « pros », Top 14 et Pro D2 réunis. « Plus les moyens sont limités, plus l’expression est forte », disait Pierre Soulages, l’homme qui peignait tout en noir.
Colomiers a pu compter sur ses dirigeants et de fidèles partenaires récompensés par les résultats obtenus par un groupe, staff et joueurs confondus, où la solidarité était de mise. Pour illustrer cet indispensable facteur de réussite, Antoine Blondin qualifiait le rugby de « sport aux antipodes du ‘’one man show’’ […] L’homme, inachevé par essence, se complète enfin à travers les autres. »
Ce groupe n’avait pas de grande star dans ses rangs, mais beaucoup de très (très) bons joueurs et des jeunes bourrés de talent à l’image d’Ugo Pacôme qui va poursuivre sa carrière en Top 14, à La Rochelle. Souhaitons-lui la même réussite que celles de Yoram Moefana et Bastien Vergnes, passés eux aussi par la formation columérine et sacrés champions d’Europe avec l’UBB.
Cette brillante saison et sa conclusion devront être digérées. Une mission délicate attend le nouveau staff et ses joueurs. Mais, tout en adoptant une prudence de rigueur, nous espérons que l’ensemble 2025-2026 pourra surfer sur la vague de la dynamique. Et compter sur un soupçon de chance, cette chance qui a fui la Colombe sur la fin où les blessures des uns et des autres ont coûté cher.
Avant de conclure, choisir un joueur comme Columérin de la saison n’est pas une tâche facile. Plusieurs peuvent être cités : Sadek Deghmache (son arrivée a fait un bien fou), Raymond Nu’u, Caleb Timu… Finalement, nous avons désigné Jean Thomas, un enfant du club dont il défend les couleurs depuis sa prime jeunesse — il y a pris sa première licence à l’âge de 6 ans, il en a aujourd’hui 31, un quart de siècle en bleu… — et dont il est devenu l’un des capitaines. D’abord troisième ligne, puis « monté » d’un cran, Jean est un homme des tâches obscures, un combattant de l’ombre, toujours présent dans la bataille. Les chiffres parlent pour lui : 26 matchs disputés sur 31 ; un temps de jeu moyen de 68 minutes. Monsieur Jean Thomas mérite bien d’être sous les feux des projecteurs.
Jean-Paul Pronzato





