L’indice de performance
Certains ne retiennent d’un film que ses dernières images. Mais comment oublier, après la défaite en demi-finale face à Provence, l’ensemble du scénario écrit par les Columérins tout au long de la saison 2025-2026, la plus belle de leur histoire en Pro D2 ? Une saison régulière magnifique achevée sur une deuxième place derrière Vannes, futur champion, avec la meilleure défense —le secteur où se forge la solidarité—, après la troisième obtenue un an auparavant derrière Grenoble et Brive. Confirmer et améliorer n’étaient pas une mince affaire eu égard aux moyens financiers du club qui n’affichait que le onzième budget (8,7M€).
Colomiers s’est appuyé sur un effectif de qualité, certes, mais loin d’être le plus impressionnant comparativement aux armadas de Vannes, Brive, Provence ou Oyonnax. Dans ce contexte, s’asseoir à la table royale des grosses cylindrées relevait de l’exploit. Et, au terme de l’exercice, un classement nous interpelle. Celui d’un indice de performance lié au rendement budgétaire des clubs (du plus rentable au moins rentable) établi par le biais d’une péréquation prenant en compte les points obtenus (victoires + bonus) par rapport aux budgets. Cela aboutit à un pourcentage (la moyenne est à 100%). Et le club à la Colombe est premier (180%) devant Valence-Romans (158%) et Aurillac (150%). Oyonnax est 7e (111%) ; Vannes 8e (102%)… Provence 12e (89%)… Brive 15e (63%).
Depuis 2016, Colomiers a disputé cinq matchs de phase finale sans en gagner un seul. C’est rageant, frustrant, surtout avec les deux derniers à domicile. Mais tout de même remarquable pour un club encore en apprentissage du haut niveau. « La réussite finit immanquablement par sourire à ceux qui savent miser sur la patience. » Yasmina Khadra (« Ce que le jour doit à la nuit »).
Colomiers va repartir au combat au mois d’août avec un effectif inévitablement remodelé, comme tous les ans, et des moyens identiques (le promu niçois annonce, lui, un budget de 14M€ !), mais toujours en gardant une foi capable de permettre de renverser des montagnes et l’espoir de continuer à jouer les premiers rôles, même si la mission, ne nous leurrons pas, sera compliquée. « Sans l’espérance, on ne trouvera pas l’inespéré », a écrit le philosophe grec Héraclite cinq siècles avant Jésus-Christ.
Les Columérins de la saison : Jules DANGLOT, Rodrigo MARTA, Raymond NU’U et Luka PLATARET
Jean-Paul Pronzato





