Buvons un coup
Au cours d’une chaude soirée, Colomiers a vu ses rêves de finale (et de Top 14) s’envoler, vendredi soir, à Michel-Bendichou. Battus par les Provençaux 36 à 28 (19-9) en demi-finale, les hommes de la Colombe n’ont jamais pu saisir la moindre chance de succès. Ils ont aussi offert trois de leurs quatre essais à leurs invités, réalistes et ravis de l’aubaine. Eux n’en ont inscrit que trois (doublé de Rodrigo Marta; Eliott Maurel) dont deux à la fin d’un match dont le sort était scellé.
La réception du numéro 3 de la saison régulière par le numéro 2 promettait un âpre duel. Le bras de fer a vite tourné à l’avantage des Provençaux. Imprécis, indisciplinés, frappés d’impuissance, nos Columérins n’ont jamais pu se sortir des griffes des solides avants aixois qui leur ont joué une symphonie en laminoir. La mêlée, concassée, pénalisée à six reprises, a vécu un véritable calvaire. « Une mêlée dominante peut infliger des dommages psychologiques, pas seulement aux avants mais aussi aux arrières touchés par la démolition des plus gros. » Ces propos ont été tenus par le pilier anglais du Castres Olympique Will Collier, expert en la matière.
Ajoutons des touches de pénalité improductives dans la zone de marque, des difficultés dans les «rucks » et cette forte indiscipline —que dire de cette pénalité retournée dans le camp adverse pour avoir chambré en seconde mi-temps alors que la messe n’était pas dite !— et vous comprendrez que les Provençaux ont vu leur tâche facilitée. Ils ont également pu s’appuyer sur leur expérience de ce genre de rendez-vous car ils disputaient une troisième demi-finale consécutive après avoir perdu les deux premières. « Paris ne s’est pas fait en un jour », dit le proverbe.
Si, pour Colomiers, cette défaite marque un coup d’arrêt, elle ne doit en aucun cas être considérée comme un échec eu égard à la saison exceptionnelle d’une équipe qui laissera une trace sur le disque dur de 2025-2026. Dans les quatre premiers depuis le début, accrochés à la deuxième place depuis trois mois, les Columérins, avec le onzième budget (8,7M€ ; Provence affiche 17,1M€), ont réussi leur exercice même s’ils ont trébuché sur la dernière marche.
Nous voilà désormais dans l’attente de la prochaine saison d’une série captivante en goûtant ces mots chantés par l’éternel Hugues Aufray : « À tous ceux qui partent/ Tchin tchin tchin/ À tous ceux qui restent/ Tchin tchin tchin…Toi qui ce soir a perdu/ Toi qui ce soir est battu/ Je veux croire mon frère/ En levant ce verre/ Je veux croire encore à ton espoir… »
Le Columérin du match : Rodrigo MARTA
Jean-Paul Pronzato





