AURÉLIEN BECO : GENTLEMAN FLANKER



Lundi 14 Juin 2021

Arrivé de Limoges au cours de l’été 2011 alors que Colomiers venait d’être rétrogradé en Fédérale 1, Aurélien Beco est devenu au fil du temps un joueur emblématique du club malgré un parcours perturbé par de nombreuses blessures et quelques opérations à la clef. Elles l’ont privé de la sortie qu’il méritait en le poussant, à 35 ans, à mettre un terme à sa carrière de rugbyman professionnel après dix années de fidélité à la Colombe dont il était devenu l’un des enfants.

Pour « La Bèque », solide troisième ligne, tout avait commencé à Brive où il est né. Avec le CAB, il a décroché un titre national en espoirs, effectuant quelques apparitions dans l’élite, et il a connu les joies des équipes de France de jeunes avant d’opter, à l’âge adulte, pour la sélection du Portugal, pays dont son grand-père était originaire.

Devenu Columérin, il a aussitôt été nommé capitaine par Pierre-Henry Broncan qui avait décelé chez ce professeur des écoles un leadership naturel. Ainsi Aurélien a-t-il soulevé en premier le bouclier de Fédérale 1 au mois de juin 2012, à Saint-Junien, à quelques encablures de Limoges. Depuis, il a enchaîné les parcours en Pro D2 : les bons comme celui de 2015-2016 bouclé sur la demi-finale à Bayonne, un grand moment ; les moins bons à l’image de 2018-2019 avec cette pénible bataille pour le maintien avant une victoire à Biarritz permettant à son club de sortir de la galère dans laquelle il ramait. « Cœur et courage font l’ouvrage ». Tout au long de sa carrière, notre homme a parfaitement illustré le proverbe.

À plusieurs reprises, Aurélien avait émis le désir d’arrêter car son corps lui disait stop. Mais, en son for intérieur, une petite voix lui murmurait encore et il l‘écoutait. Jusqu’à cette saison où la Covid et un tendon d’Achille meurtri ont eu raison de sa volonté, ne lui permettant de ne disputer que deux matchs. Frustrant. La saison de trop ? Non car il est resté en permanence très proche du groupe comme un sage dont on écoute la parole.

Nous ne verrons plus sur les terrains la tignasse ébouriffée de ce guerrier de l’ombre, farouche plaqueur, homme des tâches souvent obscures. Il va pouvoir consacrer davantage de temps à sa famille. Il restera cependant dans le giron columérin prêt à mettre ses talents de pédagogue au service des jeunes du club avec, toujours, l’âme d’un enseignant désireux de servir de guide.

« Au revoir Monsieur le professeur, on ne vous oubliera jamais… »

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