LA CHRONIQUE DE JPP - ACTE 28



Mardi 10 Mars 2020

SOUS LA PLUIE ILS ONT CHANTÉ.

Il n’est jamais facile d’aligner deux victoires en enchaînant deux matchs à domicile. De nombreux spécialistes le prétendent. Cette saison, Colomiers casse presque tous les codes et, après Béziers puis Vannes en janvier, la Colombe vient de vaincre successivement sur sa pelouse Oyonnax puis Provence Rugby (30 à 3, bonus offensif en sus). Les Columérins ont signé vendredi leur dix-septième succès en vingt-trois journées de Pro D2. Ils retrouvent la première place avec un point d’avance sur Perpignan qui n’a pu en ramener que quatre de Montauban.

Leur qualification pour les phases finales paraît acquise. Ce n’est pas nouveau. Ils possèdent un matelas de vingt-deux points sur le septième, Soyaux-Angoulême, qui peut toutefois se rapprocher au mieux à dix-sept unités en cas de succès bonifié sur Nevers en  rejoignant la formation bourguignonne à la cinquième place lors du match en retard entre ces deux équipes  le 21 mars.

Que peut-il arriver à nos Columérins dont l’appétit s’est décuplé au fils des journées ? Aujourd’hui le minima s’oriente vers un barrage à domicile. Mais avec dix points d’avance sur Grenoble et Oyonnax qui sont sur la même ligne au classement à la troisième place (les points-terrain plaident pour les Isérois), ils ont toutes les cartes en main pour pouvoir y disputer directement une demi-finale. Certes, il reste sept matchs dont quatre à l’extérieur, cela peut paraître beaucoup. Il n’y a pourtant aucune raison de ne pas y croire. Être ambitieux n’est pas toujours bien vu. L’humanité préfère les humbles. Il n’est cependant pas interdit d’allier humilité et ambition quand on a les moyens de la justifier.

Vendredi, les Aixois, venus du pays de Cézanne dont les tableaux ont magnifié sa région, ont fini par se mélanger les pinceaux avec une agressivité mal maîtrisée transformée en une indiscipline handicapante - cette fois, elle n’a pas accablé les Columérins. Le deuxième ligne Jérôme Mondoulet, qui a voulu jouer les Tyson en furie en ciblant le visage d’Aurélien Beco (une arcade au Père Lachaise), a été prié de quitter définitivement le ring dès la 18e minute. Face à des Haut-Garonnais attendant leur heure en cernant leur proie, les Provençaux ont payé deux séquences de double infériorité numérique pour finalement être emportés par la houle.

Maousses costauds et efficaces, les « Bleus » ont ainsi pu chanter sous une pluie battante et glaciale. « Je chante sous la pluie… Je suis heureux de nouveau… Je me moque bien des nuages… » Sans Gene Kelly.

Voilà. Les clubs dont le calendrier est à jour ne retrouveront la compétition qu’à la fin du mois. Colomiers a rendez-vous à Aurillac le vendredi 27 mars. Si une actualité, dramatique celle-là, liée à l’épidémie de coronavirus, ne perturbe pas le championnat car le grand arbitre ne semble pas près de pouvoir en siffler la fin.

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