LA CHRONIQUE DE JPP - ACTE 27



Mardi 03 Mars 2020

LA COUR DES GRANDS.

À l’école primaire, les petits rêvent de la cour des grands, un lieu qui leur semble inaccessible où règnent plus forts qu’eux, le regard plein de condescendance à leur endroit. Au coup d’envoi de la saison, les supporters des Columérins ne s’attendaient peut-être pas à voir leur favoris évoluer dans ce cercle restreint où leur place n’a pourtant rien d’usurpé. Vendredi, le match victorieux face à Oyonnax (22-19) a levé les derniers doutes qui pouvaient subsister même avec le maillot jaune sur leurs épaules depuis deux semaines. Car les Oyonnaxiens, retrouvant, avec une équipe estampillée Top 14, leur véritable niveau après quelques prestations en demi-teinte, ont proposé un énorme défi. Les Columérins, sacrément couillus, ont su le relever avec vigueur.

L’intensité du combat fut digne des phases finales. Une fois encore, les gars de la Colombe, généreux en occasions manquées et en munitions rendues (20), sans doute en raison de l’énergie déployée mais aussi par moments d’un manque de maîtrise et de précision, ont pu s’appuyer sur leur défense, un domaine où leur esprit de corps s’exprime à merveille. « La solidarité naît de la douleur et non de la joie. On se sent plus proche de quelqu’un qui a subi avec vous une épreuve pénible », dixit le Toulousain Bernard Werber. Aussi, ne faut-il pas chercher dans le difficile parcours de la saison dernière la source de ce formidable état d’esprit qui anime aujourd’hui les Columérins ? Et les jeunes issus du vivier, les Delas, Moro, Vergnes apportent admirablement leur sang frais au groupe.

Le seizième succès en vingt-deux journées des hommes de Julien Sarraute et Fabien Berneau ne souffre aucune contestation. « Oyo » que ce fut beau ! Oyez, oyez bonnes gens, Colomiers est devenu grand.

L’USAP a certes repris la tunique de leader, à égalité de points avec Colomiers mais bénéficiant de l’avantage accordé par sa victoire de l’aller en attendant le retour programmé lors de l’antépénultième journée, fin avril. Le duo compte cinq points d’avance sur Grenoble qui rendra visite jeudi à Oyonnax, le quatrième, repoussé à neuf longueurs.

Et à part ça ? Deux nouveaux cartons (36 jaunes au total !), pour Thomas Dubois qui sera suspendu pour le prochain match et Romain Bézian, ont sanctionné les Columérins pourtant moins indisciplinés qu’en certaines occasions. Leur maillot... à pois jaunes n’est pas menacé.

Alors ? Alors il faut toujours avoir un œil dans le rétroviseur et rester humble. « La prudence est mère de sûreté », dit le proverbe. « M’enfin ! », aurait répondu Gaston Lagaffe. Il s’agit maintenant, avant deux  week-ends sans match, de bien finir le bloc vendredi prochain en accueillant Provence Rugby, une équipe installée dans le ventre mou du classement (12e). Elle n’aura rien à perdre,  apparemment à l’abri par rapport au maintien et sans grand espoir de retour dans le top 6, même si, mathématiquement, tout reste possible. Tout comme pour les places dans les quatre. Si… « Mais avec des si, on mettrait Paris en bouteille ».

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