LA CHRONIQUE DE JPP - ACTE 23



Mardi 04 Février 2020

SÉRIES.

Quand une série nous transporte d’émotion et comble nos désirs de fan, nous souhaitons sa fin la plus tardive possible en attendant avec impatience l’épisode suivant. Vendredi, Colomiers a signé à Valence sa huitième victoire consécutive, encore loin du record d’Oyonnax : treize en 2012-2013. Une victoire acquise sur le fil, 18 à 17. Un point que certains ne manqueront pas de qualifier de petit. C’est quoi un grand point ? Demandons aux Perpignanais vainqueurs au même endroit 29 à 28 le 13 décembre…

La série columérine nous plonge dans une douce habitude et nous ne sommes absolument pas pressés d’en connaître la fin. Qui interviendra pourtant un jour. Tôt ou tard. Nous avons cru son heure arrivée dans la Drôme en suivant un match crispant, sans éclat, sur une pelouse cousine d’un bourbier. Loin d’afficher le visage d’une formation de haut de tableau, Colomiers a subi la pression de vaillants Valentino-Romanais. Incapables d’installer leur rugby, les Haut-Garonnais ont encore fait preuve d’indiscipline, concédant seize pénalités (onze avant la pause) et écopant de deux nouveaux cartons jaunes : Chiappesoni d’entrée (il venait de remplacer temporairement Beco) et Maurino qui sera suspendu pour la venue de Nevers. En outre, déréglés en touche, ils ont été châtiés en mêlée durant tout le premier acte avant de remettre les pendules à l’heure par la suite avec une nouvelle première ligne (Delmas-Barlot-Dubois) des plus efficaces dans cet exercice.

Pour la première fois de la saison, les Columérins n’ont pas inscrit d’essai. Valence-Romans a pourtant la plus mauvaise défense du championnat. Ils ont dû, faute de pouvoir passer la cinquième qui leur aurait permis de lézarder un édifice apparemment moins solide que le palais voisin du facteur Cheval, s’en remettre à la précision de l’artificier Jules Soulan, auteur d’un sans-faute dans l’exercice du buteur alors que la réussite a fui à trois reprises son vis-à-vis Maxime Javaux. Et, une fois encore, ils ont pu exprimer leur solidarité en défense malgré une bourde qui a envoyé les locaux derrière la ligne. « La défense, un bon ami qui ne vous laisse pas tomber dans les mauvais jours ». La phrase est d’Aydin Örs, coach emblématique du basket turc. Elle peut s’appliquer à toutes les disciplines sportives.

Les Columérins, comme à Rouen trois semaines auparavant, ont parfois paru nerveux, sans pour autant céder au doute. Ils ont aussi bénéficié de la chance qui accompagne souvent le bien classé. Leurs adversaires, scotchés à la dernière place, ont ainsi quitté le terrain frustrés, un lourd fardeau de regrets sur les épaules. Pour eux, c’était Drôme amère. Ils avaient pourtant bien bossé leur sujet. 

Il faut savoir gagner ce genre de match. Voilà. Donc, savourons ! Au terme de la dix-neuvième journée, Colomiers conserve la deuxième place de la Pro D2, mais à égalité de points avec le leader, l’USAP. Et quinze longueurs d’avance sur le septième et premier non-qualifiable, Vannes. L’affrontement avec Nevers, cinquième, le dimanche 16 février à Michel-Bendichou, nous fait déjà saliver.

Et à part ça ? À Saint-Denis, le « Chocolat qui croustille » cher aux camelots a été croqué par les hommes de Fabien Galthié qui ont tiré les premiers. Peut-être ces camelots imaginatifs pourraient-ils envisager une nouvelle appellation pour la confrontation entre « Froggies » et « Rosbeefs ». Pourquoi pas le « Channelico » ? Nous avons déjà droit au « Clasico » à toutes les sauces et à « l’Olimpico ». En attendant, saluons le bel appétit des « Bleus ». Le début d’une série positive ? Les Anglais, qui l’espéraient après leur finale du Mondial perdue face à l’Afrique du Sud, ont retraversé la Manche avec leur morgue dans le short.

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