LA CHRONIQUE DE JPP - ACTE 20



Mardi 14 Janvier 2020

IMPOSSIBLE N’EST PAS COLUMÉRIN.

« Il est bon de suivre sa pente pourvu que ce soit en montant. » Nous n’allons pas contredire André Gide. Colomiers a poursuivi, vendredi à Rouen, son ascension vers une phase finale printanière en signant sa cinquième victoire consécutive (33-29), confortant son statut de meilleure équipe en déplacement. Sa position dans le quarté de tête de la Pro D2, à l’issue de la seizième journée, la première de la phase retour, reste inchangée (4e), ses commensaux à la table des grands (Perpignan, Grenoble et Oyonnax) ayant eux aussi gagné. Certes tout peut aller très vite. Dans un sens comme dans l’autre. Mais, pour Colomiers, cela semble désormais possible, comme le fut son retour au score sur la pelouse rouennaise. Le septième, premier non-qualifiable, Vannes,  accuse un retard de onze longueurs. Pas insurmontable, mais important.

Vendredi, dans une enceinte sportive honorant la mémoire de Jean Mermoz, nos Columérins ont longtemps donné l’impression d’être cloués au sol. Comme la veille, lorsque les mouvements sociaux les ont contraints à délaisser l’avion –c’était leur seul voyage programmé par la voie des airs– pour effectuer par la route les 800km (12 heures de bus) du trajet. S’ils ont affiché d’entrée un potentiel supérieur à celui de leurs adversaires, ils n’ont pu mettre la main sur la rencontre. D’autant qu’ils ont rapidement perdu sur blessure Pirlet, Perrin et Deysel. Les Rouennais, eux, ont déployé leur jeu et ils semblaient s’acheminer vers un succès  mérité alors que leurs hôtes étaient loin de justifier leur rang de troisième attaque ni celui de troisième défense. Mais, l’indiscipline, dans laquelle ils évitaient de tomber, commençait en revanche à causer des dégâts chez les locaux.

Cependant, le sort des Columérins, malgré un sursaut, paraissait scellé avec dix points de retard (19-29) à cinq minutes de la fin. Nous pensions alors qu’un bonus défensif ne serait pas une si mauvaise affaire. Nous n’osions imaginer le bouquet final offert par les enfants de la Colombe. Faisant appel à leur force de caractère, s’appuyant sur un mental en acier trempé, ils allaient arracher la décision avec deux essais inscrits dans les deux dernières minutes. De quoi mettre tout le monde sur le joufflu !

Evitons de parler de « remontada ». La langue de Molière est assez riche, même si certains anglicismes sont inévitables compte tenu du pays où le rugby, comme le football, s’est épanoui, mais pourquoi  aller chercher dans celle de Cervantes  ce mot qui fait encore frissonner de terreur le PSG ? Nous préférons remontée (!), renversement de situation. Bon, mais  au final, le bonheur est grand.

Et les Columérins ont pu faire honneur à leur capitaine Aurélien Beco qui a livré en Normandie son 150e combat sous la tunique de la Colombe devenant l’espace d’une soirée duc de cette contrée.

Place maintenant à la venue de Béziers ce prochain vendredi (attention ! la bête est blessée). Pour une sixième victoire consécutive ? Acceptons-en l’augure… En attendant une autre réception, celle de… Vannes. Vous me suivez ?

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