LA CHRONIQUE DE JPP - ACTE 17



Mardi 17 Décembre 2019

SACRÉS TONTONS.

Au terme d’un suspense hitchcockien, Colomiers a signé, dimanche à Montauban, son neuvième succès (21-19), le quatrième à l’extérieur, en quatorze journées de Pro D2.  Le club à la Colombe est assuré de virer dans le Top 5 à la trêve, dans une semaine. Peut-être même conservera-t-il sa quatrième place convoitée par Biarritz qui viendra dimanche prochain à Michel-Bendichou. Si on  nous avait dit ça il y a un an, alors qu’il était en position de relégable et en crise…

Revenons à Montauban. La tentation est grande de pasticher, avec modestie, « Les Tontons Flingueurs » de Michel Audiard. Le « Cycliste », comme l’appelait Jean Gabin, faisait notamment dire à son héros, l’Oncle Fernand  (inoubliable Lino Ventura) : « On ne devrait jamais quitter Montauban ! » Lors de ce dimanche à Sapiac, nous avons longtemps pensé que les Haut-Garonnais, eux, n’auraient pas dû s’y rendre pour y affronter des Tarn-et-Garonnais remontés comme des coucous suisses. Ceux-ci leur promettaient un « réveil pénible » façon Raoul Volfoni pour les « éparpiller façon puzzle » en croyant posséder « la puissance de feu d’un croiseur et des flingues de concours ». Aussi prenaient-ils d’entrée leurs adversaires à la gorge pour les acculer dans leur camp. Indiscipline, imprécisions, Colomiers présentait à ce moment-là le visage d’une équipe restée dans le bus (0-13). Mais les hommes de Julien Sarraute et Fabien Berneau allaient retrouver des vertus pour desserrer l’étreinte et, s’ils accusaient encore neuf longueurs de retard à la pause (7-16), ils parvenaient à refaire surface.

Petit à petit, la Colombe bâtissait alors le nid de sa victoire en prenant l’ascendant à partir d’une belle efficacité défensive et en faisant preuve de discipline : deux pénalités, seulement, concédées (sur mêlée) en deuxième mi-temps, la première à la 68e minute. Le match avait changé de physionomie même si ce diable de Jérôme Bosviel dégainait encore pour son deuxième drop de l’après-midi.

Mais les Columérins se disaient sans doute que « ce n’est jamais bon de laisser dormir les créances ». Rassemblant toutes leurs forces, sans pour autant faire appel à Teddy de Montréal, ce « fondu qui ne travaillait qu’à la dynamite », mais plutôt à leur état d’esprit et à leur lucidité, ils s’offraient la possibilité de flinguer une dernière fois après la sirène. Thomas Girard, pas en pleine réussite auparavant (3/6), ne tremblait pour entériner un succès qui, finalement, n’a rien d’usurpé. Par ici le grisbi !

Il restait, en évitant le brutal avec pomme et betterave de Lulu la Nantaise (une blonde comac), à savourer autour d’une binouse. Avec modération, évidemment.

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