LA CHRONIQUE DE JPP - ACTE 5



Mardi 24 Septembre 2019

Des Chiffres et des Êtres.

À des années-lumière d’un Nouvelle-Zélande - Afrique du Sud illuminé par l’intensité du combat et le jeu déployé dans la nuit de Yokohama, il y a la Pro D2. La compétition faisait relâche alors que s’ouvrait le festin mondial. Elle est néanmoins passionnante et, autour d’elle, on parle beaucoup de chiffres, de statistiques, pour tenter d’expliquer performances et parcours.

Les chiffres, certains prétendent qu’on peut leur faire dire n’importe quoi. Et leurs cousines statistiques ne seraient, à en croire Mark Twain, que mensonges. Dans ce débat, forts et faibles en maths s’affrontent. Mais comment les ignorer à l’heure d’un premier bilan. Nous avons choisi d’en mettre quelques-uns en exergue en commençant par celui des cartons jaunes. Avec huit « biscottes », Colomiers occupe, avec Mont-de-Marsan dont l’une a viré au rouge, la tête de ce classement peu flatteur. Une moyenne de deux par match, ça tourne au point noir. Malgré les prestations réalisées dans ce domaine lors des deux premières journées, Colomiers n’a ainsi que la douzième défense avec dix essais encaissés dont cinq en infériorité numérique, voire en double infériorité (le deuxième à Perpignan). « Nous payons cash notre indiscipline », se lamente Julien Sarraute. Le technicien prône « davantage de maîtrise dans le jeu afin de moins s’exposer à la pression adverse ». Il ne manque pas de faire remarquer qu’aucun de ces cartons n’est dû à une brutalité évidente.

Cependant, il n’y a pas que du négatif. Au coup d’envoi de la saison, à l’étude du calendrier qui proposait des voyages à Grenoble et Perpignan, un total de huit points semblait constituer un objectif raisonnable au terme du bloc. Il y en a neuf dans la besace pour une dixième place au cœur du classement. Bien sûr, le joker ramené de Grenoble a été gâché contre Soyaux-Angoulême et certains voient la bouteille à moitié vide. Nous préférons la voir à moitié pleine. Tout en pensant qu’elle aurait dû l’être aux trois-quarts…

Derrière les chiffres, il y a les hommes. Après la première journée, nous écrivions que l’équipe columérine  possédait un potentiel intéressant mais qu’elle aurait besoin pour l’exploiter d’un coup de pouce du destin afin que la poisse l’épargne. Or l’infirmerie est déjà bien garnie : Coll et Weber soignent encore des blessures de la saison dernière ; Browning et Chartier (il ne rejouera pas avant le printemps) sont tombés lors des matchs amicaux ; Macovei, Costa Repetto et Pirlet ont suivi. Nous ne parlons pas de petits bobos, mais de blessures occasionnant une longue absence. Sept, encore un chiffre. Sept joueurs sur le flanc, c’est beaucoup. Et tout le monde croise les doigts pour que les examens qui attendent le jeune pilier Hugo Djehi (il était remplaçant à Perpignan après une bonne prestation contre Nevers en amical) ne révèlent pas de grave lésion. C’est comme ça. Cela fait partie du sport. Même si nous aimerions que cette partie-là s’éloigne de l’équipe.

Puisque nous évoquons les hommes, si nous devions désigner le Columérin du premier bloc, nous choisirions sans hésiter Jean Thomas, un enfant du club, monté avec bonheur de la troisième à la deuxième ligne, donnant raison au staff qui avait cette idée en tête en fin de saison dernière.

Nous ne saurions conclure cette chronique sans une pensée pour Martin Chiappesoni et ses proches, éprouvés par un terrible drame en Argentine la semaine dernière.

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