LA CHRONIQUE DE JPP - ACTE 4



Mardi 17 Septembre 2019

Vendredi 13 et sifflet maudit.

Vendredi 13 septembre, Colomiers a subi sa deuxième défaite de la saison, la première à domicile, lors de la quatrième journée de Pro D2. Ah ! le vendredi 13. La superstition en fait un jour de malheur pour certains, un jour de chance pour d’autres. Alors que Colomiers menait 22 à 9 au milieu de la deuxième mi-temps, tout s’est écroulé. La  belle équipe de Soyaux-Angoulême, dont le leadership n’est pas le fruit du hasard, a renversé la vapeur pour s’imposer 26 à 22. Bonus défensif, maigre consolation. Dommage pour un garçon comme Jean Thomas, acharné travailleur de l’ombre, une fois de plus. Et pour ses copains. Le vendredi 13 ne leur a pas porté bonheur alors que les planètes semblaient alignées. Il y aura un autre vendredi 13, en décembre (14e journée). Il s’agira de se rendre à Montauban. A moins que la TV n’avance la rencontre au jeudi 12 ou ne la décale au dimanche 14.

La malchance, illustrée par la blessure du pilier Hugo Pirlet, « out » dès la 18e minute avec l’épaule gauche en vrac, et dont le suppléant du jour, Thomas Dubois, secoué, n’a pu disputer les neuf dernières minutes (les deux gauchers à l’infirmerie, ça fait mal), n’explique pas tout.  Un jeu au pied peu ou  mal  utilisé  par-dessus la ligne défensive charentaise, un manque de maîtrise et un trop grand nombre de ballons rendus (5, déjà, au bout de 20 minutes ; 14 au total), le tout accentué par des péchés de gourmandise alors que l’adversaire commençait à plier et que le match pouvait l’être, ont entraîné une absence de sérénité dans le «money time». Quel gâchis ! Une fois encore.

Colomiers aurait donc pu s’éviter d’être à la merci de décisions arbitrales qui ont suscité un vif courroux. Le carton jaune infligé à Josua Vici  juste avant le premier essai angoumoisin nous a paru bien sévère et l’interprétation du hors-jeu souvent incompréhensible. Quant à l’arbitrage de la mêlée, il n’est pas toujours identique d’un sifflet à un autre. Même si certaines fautes ne sont pas imaginaires. Au cours de cette rencontre, les Columérins n’ont pourtant pas fait preuve d’une  indiscipline généralisée comme le dimanche précédent à Perpignan. Neuf pénalités concédées, ce n’est pas énorme. Mais certaines, sur la fin, ont été lourdes de conséquences.

Pendant des lustres, l’arbitre conspué s’est vu intimer l’ordre de rejoindre un endroit solitaire où il n’avait pas forcément envie de se rendre. Pourquoi ?  Pierre Verdet, dont la plume fit le régal des lecteurs de "Midi Olympique" puis de "Sud-Ouest", nous donne à ce sujet  une explication. Un jour, sur un stade landais, le directeur de jeu dut  se soulager avant d’entrer en scène. Il rejoignit le lieu idoine,  une cabane au fond du terrain dont la porte ne voulut rien savoir une fois les besoins du monsieur effectués. La délivrance n’arriva que lorsqu’un garçonnet, accompagné par sa maman, voulut s’y rendre à son tour. Tous deux entendirent enfin les appels désespérés de l’arbitre « emprisonné ».

Aujourd’hui, les WC ne sont plus au fond du terrain. Le referee dans la tourmente n’est plus prié d’aller s’y enfermer et  l’expression homophobe qui jaillit des tribunes n’a rien de glorieux.  Cela étant, certains membres du corps arbitral pourraient parfois se remettre en question. Le rugby aurait beaucoup à y gagner. Mais ayons tout de même à l’esprit qu’ils ne sont pas les seuls fautifs.

Cette semaine, sans match, doit permettre côté columérin de laver les cerveaux et de préparer une croissance réclamée par Julien Sarraute : «Il va falloir grandir vite ! » Cela pourrait permettre d’éviter de se faire cueillir comme des petits garçons. D’autant que le prochain adversaire, le 27 septembre, s’appelle Oyonnax et que Colomiers devra se déplacer dans le Haut-Bugey.

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