[REVUE DE PRESSE]



Jeudi 11 Avril 2019

Grégoire Maurino : «Nous sommes toujours vivants»
Article paru dans la Depêche du midi le 11 avril 2019.

Le centre columérin Grégoire Maurino a été victime d'une rupture du ligament croisé antérieur du genou gauche lors de la première journée, contre Provence Rugby, en toute fin de match, après avoir inscrit deux essais. Il a fait son retour en Pro D2 contre Massy, vendredi dernier, entrant en jeu à une demi-heure de la fin après avoir disputé une mi-temps avec les espoirs le samedi précédent.

Que s'est-il passé ce 19 août 2018 ?

Vers la 75e minute, deux mecs me sont tombés dessus. J'ai senti que ça avait un peu craqué et j'ai pensé à une petite entorse. J'ai fini le match et, en rentrant au vestiaire, j'hésitais à montrer mon genou. Le docteur m'a donné de suite le bon diagnostic. Je ne voulais pas le croire. Je pensais qu'il se trompait.

Votre retour doit être une délivrance pour vous. Comment l'avez-vous vécu ?
Une délivrance, je ne sais pas. Ça m'a fait du bien à la tête. C'est agréable de retrouver le groupe, de revivre les avant-matchs. Je suis resté sept mois sans compétition. D'un côté, c'est passé vite ; de l'autre, j'avais l'impression de ne pas avoir joué depuis deux ans. J'avais un peu de pression. Je me demandais si je n'avais pas tout perdu. Après le premier ballon, le premier plaquage, ça allait mieux. Et je me suis dit :''Le terrain est vraiment beau.'' Il faut dire que je suis rentré dans un contexte favorable (Colomiers menait 31 à 0, NDLR).

Par quels états êtes-vous passé depuis la blessure ?
Le moment le plus pénible, ce fut après un premier séjour au Cers de Capbreton. J'en étais à quatre mois et demi. La''muscu'' seul, j'en avais marre. Cela a duré deux ou trois semaines. L'alternance avec les séjours à Capbreton (il s'y est rendu à deux reprises, NDLR) m'a permis de sortir de la routine car j'étais sur le point de péter un câble. À Capbreton, j'ai côtoyé des rugbymen comme Julien Dumora ou Yann David, mais aussi d'autres sportifs, des footballeurs, des surfeurs. C'est bien de voir d'autres têtes.

La saison de Colomiers ne se passait pas bien. Vous vous sentiez impuissant face à cette situation ?
C'était bizarre comme sentiment. Regarder les matchs, ça me rendait fou. Je ne pouvais rien faire. J'étais à côté du groupe, pas dedans. Au début, on se dit que ce n'est pas grave et, tout d'un coup, on s'aperçoit qu'on est dans la zone rouge. J'ai du mal à expliquer ce qui est arrivé, surtout de l'extérieur.

Vous en étiez pourtant devenu l'un des leaders. Êtes-vous intervenu auprès vos coéquipiers ?
Je leur ai parlé un peu au début puis, petit à petit, j'ai pris mes distances. En n'étant pas sur le terrain, ce n'était pas ma place. Il y avait les autres leaders comme Aurélien Beco, Romain Bézian, Romain Mémain.
Vous revenez alors que le club n'est toujours pas tiré d'affaire pour le maintien.
Nous sommes toujours vivants. Les gars ont sorti la tête de l'eau. Ils jouent de mieux en mieux. Ils prennent davantage de plaisir et ça se ressent dans le jeu.

Vous jouez demain à Biarritz où Colomiers n'a jamais gagné. Vous restez sur vingt-six défaites en déplacement. L'exploit est-il envisageable ?
Nous verrons bien. Biarritz est en pleine bourre. Ce sera un sacré test. Si nous voulons nous maintenir, il faudra bien prendre des points à l'extérieur. Il n'y a plus à calculer. Il faut y aller à fond avec une équipe de''chiens''. Et si nous ne gagnons pas, il ne faut pas avoir de regret.

Restez-vous optimiste pour le maintien ?
Bien sûr. Sinon je serais resté au chaud jusqu'à la fin de la saison. Cela fait neuf ans que je suis à Colomiers. C'est mon club de cœur. Je vais tout faire pour le sauver.

Recueilli par Jean-Paul Pronzato


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